Fureur (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

X e siècle, furor. Emprunté du latin furor, « délire, égarement », dérivé de furere, « être hors de soi, en délire, en furie ».

I. Au sing.
1. Dérèglement d'esprit qui donne lieu à des manifestations de colère frénétique, à des actes violents. Des accès de . Une meurtrière.
2. Colère extrême où l'on ne se possède plus, dont on ne mesure plus les manifestations. Entrer en . Irriter, provoquer la de quelqu'un. Dans un mouvement de , dans sa . Par anal. La d'une lionne qui défend ses petits. Mettre un taureau en . En parlant des éléments. Impétuosité, violence. La du vent, des flots, de la tempête. La des flammes.
3. Transport qui élève l'esprit au-dessus de lui-même, lui inspire des paroles, des actions extraordinaires. Fureur prophétique. Une sainte , une sacrée s'empara de lui.
4. Caractère violent, excessif que prennent certains sentiments, certaines passions. Il aime cette femme à la , avec . C'est un homme extrême en toutes choses, il aime et il hait jusqu'à la . La de son zèle. Par méton. La des combats. La d'une controverse, d'une polémique. Loc. Avoir la de, montrer une passion déréglée ou démesurée pour. Avoir la du jeu. Il a la des voyages, la de voyager. Vieilli et péj. Avoir l'habitude désagréable et importune de. Il a la de se mêler des affaires d'autrui. Fam. Faire , être très en vogue, susciter un engouement général. Cette pièce, ce spectacle fait . Cette danse a fait .

II. Au pluriel.
1. Transports, emportements, égarements auxquels on se livre dans l'excès de la colère, des passions. Les s d'Oreste. Modérez vos s. Les s du désespoir, de la haine. Les s de l'amour.
2. Actes, phénomènes d'une grande violence. Une contrée exposée aux s des vents, de l'ouragan. Les s de la guerre civile. Les s du fanatisme, de l'intolérance.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Égarement d'esprit qui tient de la rage et de la frénésie. "Il est devenu fou, et de temps en temps il lui prend des accès de . La est une cause d'interdiction. Personne n'ose l'approcher lorsque la le prend."
Il se dit aussi d'une Extrême colère. "Être transporté de . La l'emporte. Un mouvement, un transport de . Irriter la de quelqu'un."
Il se dit quelquefois de la Colère de Dieu, en termes de l'Écriture sainte. "Seigneur, ne me reprenez pas dans votre ."
Il se dit aussi de l'Émotion et de l'agitation violente qui s'empare d'un animal. "Un lion en . La d'un taureau. Mettre un taureau en ."
Il se dit encore de l'Agitation violente de certaines choses. "La de la tempête. La des flots, des vents. La des flammes."
Il se dit, par exagération et par dépit, de l'Habitude importune, nuisible, etc., que quelqu'un a de faire une certaine chose. "Il a la de se mêler des affaires des autres." Dans ce sens il est familier.
Il se dit encore d'un Transport qui élève l'esprit au-dessus de lui-même et qui fait faire ou dire des choses extraordinaires. "Fureur prophétique. Fureur bachique. Fureur poétique. Une sainte s'empara de lui."
Il désigne aussi une Passion excessive, démesurée pour une personne ou pour une chose. "Il aime cette femme à la , avec . Il a la du jeu. La des duels. C'est un homme extrême en toutes choses, il aime et il hait jusqu'à la ."
Par exagération et fam., "Faire ," se dit d'une Personne ou d'une chose qui est fort en vogue, qui excite, dans le public, un grand empressement, une vive curiosité. "Cette pièce, ce spectacle fait ."
Au pluriel, il se dit des Transports frénétiques, des emportements, des excès auxquels on se livre dans la , dans la colère, etc. "Les s de l'amour. Les s du désespoir. Les s d'Oreste. Les s de la guerre civile."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Folie frénétique. La est une cause d'interdiction. Il lui prend de temps en temps des accès de .
     Code Nap. art. 489: Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de , doit être interdit
    Par exagération. Sorte de folie.
BOSSUET: « Au défaut d'un meilleur refuge, iront-ils enfin se plonger dans l'abîme de l'athéisme, et mettront-ils leur repos dans une qui ne trouve presque point de place dans les esprits ? »
BOILEAU: « Quelle , dit-il, quelle aveugle caprice, Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'office ! »
DUCLOS: « Comme tout ce qui a rapport à l'histoire des arts est au moins aussi important que des récits de batailles, monuments de notre , je finirai cette année par un fait qui servit à perfectionner la chirurgie »
BUFF.: « N'y a-t-il pas de la à nourrir des paons dont le prix n'est pas moindre que celui des statues ? »
    Fureur utérine, voy. NYMPHOMANIE.
    Fureur amoureuse, le rut.
BUFF.: « Cette amoureuse ne dure que trois semaines ; pendant ce temps-là, ils [les cerfs] ne mangent que très peu, ne dorment ni ne reposent »

 2   Passion excessive, démesurée pour une personne. Il aime, il hait jusqu'à la .
CORN.: « Une ombre chérie avec tant de »
SACI: « Je l'ai livrée entre les mains de ceux qu'elle avait aimés, entre les mains des Assyriens, dont elle avait été passionnée jusqu'à la »
RAC.: « Songez-y bien, il faut désormais que mon coeur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec »
VOLT.: « Ce coeur né pour haïr qui brûle avec »
RAYNAL: « Parmi les causes qui contribuèrent à la conquête du nouveau monde, on doit compter cette des femmes américaines pour les Espagnols »
    À la , d'une façon passionnée.
HAMILT.: « Ciel ! que je vous haïrais, si je ne vous aimais à la ! »
VOLT.: « Le gouverneur aimait les femmes à la »

 3   Passion excessive, démesurée pour une chose.
BOSSUET: « Que n'a-t-on pas dit de sa fermeté [de Louis XIV], à laquelle nous voyons céder jusqu'à la des duels ? »
BOSSUET: « Les fausses religions, le libertinage d'esprit, la de disputer des choses divines sans fin, sans règle, sans soumission »
MASS.: « Les jeux sont devenus ou des trafics, ou des fraudes, ou des s »
MARIV.: « Eh bien ! son Dorante, que t'a-t-il fait ? car il me semble que ta est que je le haïsse »
MONTESQ.: « La de la plupart des Français c'est d'avoir de l'esprit »
DIDER.: « Malgré la du paganisme dont il était possédé, il ne répandit pas une goutte de sang chrétien »
RAYNAL: « On n'y eut pas plutôt ouvert des cafés [à Constantinople] qu'ils furent fréquentés avec »
    Faire , être fort en vogue. Cette actrice, cette pièce fait . On dit aussi : Tout le monde s'y porte ; c'est une ; et dans un sens analogue : Il est dans la de ses succès.

 4   Familièrement. Habitude importune, fatigante, nuisible de faire quelque chose. Il a toujours la de se mêler des affaires des autres.
HAMILT.: « Comme il connaissait la dont sa femme se donnait en spectacle pour sa danse et pour sa parure »
MARIV.: « Qui n'a pu retenir sa misérable de parler »
VOLT.: « Cette de charger une histoire de portraits a commencé en France par les romans »

 5   Colère extrême.
CORN.: « Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de »
BOSSUET: « Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... dans ta brutale , tu te tournes contre toi-même, et tu ne sais comment assouvir ta rage impuissante »
BOSSUET: « Il tourna sa contre les Juifs »
RAC.: « Craignez de négliger Une amante en qui cherche à se venger »
RAC.: « Ma tranquille n'a plus qu'à se venger »
RAC.: « L'auriez-vous cru, madame, et qu'un si prompt retour Fît à tant de succéder tant d'amour ? »
FÉN.: « Cette chasse acheva de la mettre en »
    De , par un mouvement de .
BOILEAU: « ....J'étais si transporté, Que, donnant de tout le festin au diable.... »
BOILEAU: « Gilotin en gémit, et, sortant de .... »
    Se dit aussi des animaux. La d'un taureau. Un lion en .
FÉN.: « Semblable à une bête en »
    En termes de l'Écriture sainte, la colère de Dieu. Seigneur, ne me repoussez pas dans votre

 6   Emportement, violence.
CORN.: « L'autre d'un si grand zèle admire la »
MOL.: « De protestations, d'offres et de serments, Vous chargez la de vos embrassements »
BOSSUET: « Dans la plus grande des guerres civiles »
RAC.: « Témoins de la de mes derniers adieux »
FÉN.: « La des combats que Mentor tâchait d'éteindre »
MARIV.: « Nous n'aurions pas le temps de nous entretenir, si nous ne prévenions pas la de ses politesses »
VOLT.: « J'avais toutes les raisons de croire que la de ses désordres céderait aux charmes de Primerose et aux étonnantes vertus de mon ami »
VOLT.: « C'est en Angleterre surtout, plus qu'en aucun pays, que s'est signalée la tranquille d'égorger les hommes avec le glaive prétendu de la loi »

 7   Agitation violente de choses inanimées. L'aquilon en .
CORN.: « Mais enfin le ciel m'aime, et ses bienfaits nouveaux Ont arraché Maxime à la des eaux »
RAC.: « Celui qui met un frein à la des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots »
FÉN.: « La mer lasse de se mettre en »
J. B. ROUSS.: « La terre tremblante Frémit de terreur ; L'onde turbulente Mugit de »

 8   Transport qui ravit l'âme. Il fut saisi d'une divine. La prophétique. La poétique. Fureur martiale. Une sainte s'empara de lui.
RÉGNIER: « Je sens au second vers que la muse me dicte, Que contre sa ma raison se dépite »
J. B. ROUSS.: « [Les esprits faciles qui] N'éprouvèrent jamais en maniant la lyre Ni s ni transports »

 9   Au plur. Il se dit des emportements, des transports en tout genre. Les s de Roland. De poétiques s.
CORN.: « Vous voyant exposée aux s d'une femme »
CORN.: « Ce qu'ont de plus affreux les s de la guerre »
BOSSUET: « Pour ne point rappeler ici les guerres des Albigeois, les séditions des Vicléfites en Angleterre, et les s des Taborites en Bohême, on n'avait que trop vu à quoi avaient abouti toutes les belles protestations des Luthériens en Allemagne »
RAC.: « Venez, à vos s [les s des Euménides] Oreste s'abandonne »
RAC.: « Défendez-moi des s de Pharnace »
RAC.: « À de moindres s je n'ai pas dû m'attendre »
RAC.: « ....De l'amour j'ai toutes les s »
J. B. ROUSS.: « Il n'eût point eu le nom d'Auguste Sans cet empire heureux et juste Qui fit oublier ses s »
J. B. ROUSS.: « Tu peux faire trembler la terre sous tes pas, Des enfers allumés déchaîner la colère ; Mais tes s ne feront pas Ce que tes attraits n'ont pu faire »
DUCLOS: « Les princes trouvent toujours des âmes assez viles pour excuser leurs s »
VOLT.: « Conçois-tu bien l'excès de mes s jalouses ? »
VOLT.: « Ceux qui sont pénétrés de l'amour des sciences, qui n'en font pas un indigne métier et qui ne les font point servir aux misérables s de l'esprit de parti »
VOLT.: « Cavalier [un des chefs des protestants des Cévennes, lors des dragonnades] est mort officier général et gouverneur de l'île de Jersey, avec une grande réputation de valeur, n'ayant conservé de ses premières s [la violence de son fanatisme religieux] que le courage »
VOLT.: « Pourquoi demandez-vous que ma bouche raconte Des princes de mon sang les s et la honte ? »
    Familièrement. Des s, des scènes violentes, des emportements sans raison.
DUCLOS: « Ce prince [le régent] lui opposait en vain des raisons ; elle [la duchesse de Berri] y répondait par des s »

SYNONYME
    FUREUR, FURIE. Le radical de ces deux mots est le même ; le suffixe seul est différent. Étymologiquement, la est l'état d'un homme furieux ; la Furie est un personnage mythologique chargé des vengeances des dieux. De là résulte que la , bien que violente, peut être cachée dans le fond de l'âme, tandis que la furie éclate au dehors. Par une conséquence naturelle, furie a pu se dire de l'impétuosité d'une attaque, comme dans cette phrase consacrée : la furie française, qui exprime l'impétuosité des assaillants ; tandis que ne serait pas applicable et aurait un autre sens. D'autre part, il y a dans une signification de folie, de transport qui n'est pas dans furie ; ce qui fait qu'on dit prophétique, et non furie prophétique.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Liber psalm. p. 49: Sire, ne me arguer en ta fuirur, e en la tue ire ne castier [châtier] mei
     ib. p. 2: Lores parlerat à els sa ire, et en sa furur les conturberat
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Ele [Judith] ne douta pas les furors des rois, ainz se offri à mort por sauver le pueple »
    XIVème siècle
BERCHEURE: « La du pueple qui avoit cessé de coustiver [cultiver] les terres »
    XVIème siècle
DU BELLAY: « Ô la d'une bruslante rage, Qui maintenant transporte mon courage »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. et esp. furor ; ital. furore ; du lat. furorem.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Rage, manie, frénésie. "Il est devenu fou, et de temps en temps il lui prend des accès de . La est une cause d'interdiction. Quand il entre en . Lorsque la lui prend." On dit, par exagération: "C'est un homme extrême en toutes choses, il aime et il hait jusqu'à la . Avec . Etc."
En Médec., "Fureur utérine," Maladie des femmes, qui consiste en un penchant insatiable et irrésistible à l'acte vénérien.
Par exagérat. et fam., "Faire ," se dit D'une personne ou d'une chose qui est fort en vogue, qui excite, dans le public, un grand empressement, une vive curiosité. "Cette actrice, cette pièce fait ."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Une extrême colère. "Être transporté de . La l'emporte. Un mouvement, un transport de . Pour apaiser sa . Irriter la de quelqu'un. S'exposer à la du peuple. La patience irritée, lassée, poussée à bout, se tourne, se change en ."
Il se dit quelquefois de La colère de Dieu, en termes de l'Écriture sainte. "Seigneur, ne me reprenez pas dans votre ."
Il se dit aussi de L'agitation et de l'émotion qui paraît dans un animal irrité. "Un lion en . La d'un taureau Mettre un taureau en ."
Il se dit encore de L'agitation violente de certaines choses inanimées. "La de la tempête. La de l'orage. La de la mer. La des vents. La des flammes."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend quelquefois pour Passion démesurée. "Il avait une étrange pour les tulipes. Il a la du jeu. Il a la de rimer. La des duels."
Il se dit, par exagération et par dépit de L'habitude importune, nuisible, etc. que quelqu'un a de faire une certain chose. "Il a toujours la de se mêler des affaires des autres. Cet enfant a la de porter à sa bouche tout ce qu'il tient." Dans ce sens, il est familier.
Il se dit encore d'Un transport qui élève l'esprit au-dessus de lui-même, et qui fait faire ou dire des choses extraordinaires. "Fureur prophétique. Fureur bachique. Fureur poétique. Fureur martiale. Il fut saisi d'une divine. Une sainte s'empara de lui."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

FURIBOND, ONDE, adj. [le "d" final ne se prononce point au 2d.] "Fureur", 1°. Manie, frénésie. 'Accès "de ". 'Quand il entre "en ": quand "la " lui prend. '"Il lui prit une furuer de la langue". (st. plaisant) elle dit mille injûres au Comte. "Le Sage".
- 2°. Violent transport de colère. '"La " l'emporte. 'Il est transporté de "fureur". 'La patience irritée se change en "fureur".
- 3°. Violente agitation, en parlant des chôses inanimées. 'La " de" l'orage, "de" la tempête, "de" la mer, "des" vents, "des" flots, "des" flâmes.
- 4°. Passion démesurée. 'Il a "la du" jeu. 'Il a "une" grande "fureur" pour les coquilles, les fleurs.
- 5°. Transport, qui élève l'esprit au-dessus de lui-même. '"Fureur" prophétique; poétique, martiale. 'Une sainte "fureur" le saisit.
   "Fureur" et "furie" ont le même sens, mais ils n'ont pas le même emploi. On dit: " poétique", " divine", " martiale", " héroïque", et non pas "furie": au contraire "furie" se dit du "combat", de la "maladie": on ne dit pas "dans la ", mais "dans la furie du" combat, "du" mal. Il semble que le mot de "fureur" dénote davantage l'agitation violente du dedans, et le mot de "furie" celle du dehors. "Vaug."
   "Rem." On dit, adverbialement, aimer, haïr "avec ", "jusqu'à la ". 'Il haïssait le St. Prélat "à la ". MARSOLIER = "En ", se dit des persones, et "avec " des chôses. 'Cet homme est sorti "en ", comme un furieux. 'Le feu s'est étendu "avec " jusqu'aux maisons voisines. "Voltaire" trouvant que le 2d de ces adverbes avoit une syllabe de trop pour le vers, a employé le premier, quoique moins propre.
   La flâme, dont brûla Sion désespérée,
   S'étendit "en " aux murs de Césarée.
       "Zaïre".
= On dit, par exagération, "avoir la de faire". 'En vérité, Monsieur le Baron, vous êtes terrible, "vous avez la de me faire chanter": mais je n'ai pas ici ma musique, et je ne sais presque rien par coeur. MARIN, l'"Amante Ingénue". 'Cette " de grossir" indiscrètement les volumes est comune à tous les Éditeurs. "Sabat." Trois siècles, etc.
   "Furibond", furieux, sujet à de grands emportemens de colère. 'Il arriva tout "furibond". = "S. m." 'C'est "un furibond".
- Il n'est pas du beau style. Il est excellent pour le style badin ou critique. 'Nos jeunes Poètes sont "de" petits "furibonds", qui reçoivent avec indignation les conseils les plus sages. "Ann. Litt."
- L'Auteur ou le Rédacteur ont mis le mot en italique.
   "Furieux", "furibond". (Synon.) Le 1er dénote particulièrement l'acte de , ou l'accès de furie";" le 2d, la disposition à ces accès et à leur fréquence. Celui-là est "furibond", qui n'est jamais maître de lui-même. Celui-là est "furieux", qui cesse de l'être. Il y a dans le second un violent écart, et dans le premier un vice de caractère et d'humeur. 'L'homme colère, lorsqu'il est fortement contrarié devient "furibond": l'homme le plus doux, lorsqu'on abûse à tout excès de sa bonté, devient "furieux". ROUB. "Synon."




Emplacement dans le dictionnaire :

fungique
funiculaire
funicule
funiforme
funin
fur
furet
fureter
fureteur

furfuracé
furibond
furie
furière
furieusement
furieux
furin
furmint
furole
furoncle
furonculeux




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...au prime ciel comme un vol de colombes. Toi, pour qui sur l'autel fument en hécatombes les lourds désirs plus cornus que des égipans, électuaire sûr aux bouches des serpents, et rite apotropée à la fureur des trombes ; toi, sistre et plectre d'or, et médiation, et seul arbre debout dans l'aride vallée, ô démon, prends pitié de ma contrition ; éblouis-moi de ta tiare constellée, et porte en mon esprit...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...archer la prophétique rage qui agite les rains du pénéan feuillage, jamais enfant mortel ne la porta si forte comme mon ami doux dedans son coeur la porte. SYL. N., à MAURICE DU PLESSYS Une même fureur n'agite tout poète, combien qui sont faconds ont la bouche muette ! La plupart sont chétifs et rampent bassement aux arbrisseaux pareils ; quelques-uns seulement, de naturel bien né, sans ruses et...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...voulu peindre le déluge ; seulement toutes les nuées remuaient, tourmentées par un vent qui faisait peur. Et cette grande voix s'enflait toujours, se faisait profonde, incessante ; c'était comme une fureur qui s'exaspérait. Nous nous heurtions dans notre marche à d'énormes masses d'eau, qui s'enroulaient en volutes à crêtes blanches et qui passaient avec des airs de se poursuivre ; elles se ruaient...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...agitées. Et cette éclaircie était triste à regarder ; ces lointains entrevus, ces échappées serraient le coeur davantage en donnant trop bien à comprendre que c'était le même chaos partout, la même fureur-jusque derrière ces grands horizons vides et infiniment au delà : l'épouvante n'avait pas de limites, et on était seul au milieu ! Une clameur géante sortait des choses comme un prélude d'apocalypse...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...minute coupée. Après chaque grande masse d'eau tombée, ils se regardaient-en souriant à cause de tout ce sel amassé dans leurs barbes. à la longue pourtant, cela devenait une extrême fatigue, cette fureur qui ne s'apaisait pas, qui restait toujours à son même paroxysme exaspéré. Les rages des hommes, celles des bêtes s'épuisent et tombent vite ; -il faut subir longtemps, longtemps celles des choses...


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